Comment choisir son préparateur mental : 8 questions à poser
Préparateur mental, coach mental, psychologue du sport, hypnothérapeute : quand on cherche de l’aide pour son mental, les titres se mélangent et les promesses se ressemblent. Voici comment s’y retrouver, les questions à poser avant de vous engager, et les signaux qui doivent vous faire passer votre chemin.
Qui fait quoi en Suisse
Selon la Swiss Association of Sport Psychology, l’association suisse de psychologie du sport et de préparation mentale, le paysage se résume ainsi :
- Le psychologue spécialiste en psychologie du sport FSP : c’est le seul titre protégé du domaine. Il s’agit d’un psychologue diplômé, qui a suivi une formation postgrade en psychologie du sport.
- Le psychologue du sport : ce titre n’est pas protégé par la loi suisse.
- Le préparateur mental : ce titre n’est pas protégé non plus. La SASP l’attribue à des personnes proches du sport et de la psychologie, formées à la préparation mentale, en général au moins au niveau d’un CAS, comme celui de l’Université de Lausanne.
À cela s’ajoutent des praticiens qui accompagnent les sportifs avec une approche spécifique, comme l’hypnose. Autrement dit, n’importe qui peut se présenter comme préparateur mental. Ce n’est pas forcément un mauvais signe, mais c’est une bonne raison de poser les bonnes questions.
Quand vaut-il mieux consulter un psychologue ?
La préparation mentale vise la performance : gérer le stress, retrouver la confiance, se concentrer, dépasser un blocage. Certaines situations dépassent ce cadre, et demandent un psychologue ou un médecin :
- une tristesse ou une perte d’envie durables, au-delà du sport ;
- des crises d’angoisse, ou une anxiété présente dans toute la vie quotidienne ;
- un rapport à l’alimentation ou au poids qui devient préoccupant ;
- un épuisement profond, un sommeil durablement perturbé ;
- des difficultés apparues après un événement traumatisant.
Un bon préparateur mental connaît ces limites et sait vous orienter. C’est d’ailleurs l’une des questions à lui poser.
Les 8 questions à poser
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Quelle est votre formation, et depuis quand accompagnez-vous des sportifs ?
Une réponse claire cite une formation, une année, une approche. Méfiez-vous des titres impressionnants qu’on ne peut pas vérifier.
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Connaissez-vous mon sport, et le niveau auquel je pratique ?
Il n’est pas indispensable d’avoir pratiqué votre discipline. Mais un préparateur qui comprend vos contraintes, vos calendriers et vos situations de jeu vous fera gagner beaucoup de temps.
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Quelle méthode utilisez-vous, et pourquoi ?
La réponse doit être concrète. Vous devez comprendre ce qui va se passer en séance, et comment cela doit se traduire sur le terrain.
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Comment se déroule un accompagnement ?
Durée des séances, fréquence, travail entre les séances, contact avant une compétition : tout cela doit être clair avant de commencer.
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Comment saurons-nous si ça fonctionne ?
Les objectifs doivent être observables : dormir avant une course, ne plus perdre ses moyens au départ, rester concentré après une erreur. Un objectif flou ne permet jamais de mesurer un progrès.
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Combien de séances, et à quel prix ?
Le tarif doit être annoncé clairement. Méfiez-vous d’un forfait de nombreuses séances imposé d’emblée, avant même d’avoir compris votre situation.
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Comment travaillez-vous avec mon entraîneur ?
Le préparateur mental ne remplace pas votre entraîneur, il travaille à côté de lui. Ce qui se dit en séance reste confidentiel, sauf si vous décidez de le partager.
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Que faites-vous si ma difficulté dépasse votre champ ?
La seule bonne réponse : vous orienter vers le bon professionnel. Un préparateur qui prétend tout traiter n’est pas un bon signe.
Les signaux d’alerte
Passez votre chemin si le préparateur mental :
- vous promet une victoire, une sélection ou un résultat garanti ;
- dénigre votre entraîneur, votre club ou votre suivi médical ;
- prétend poser un diagnostic ou traiter un trouble psychologique sans en avoir la formation ;
- vous pousse à acheter un forfait important dès le premier contact ;
- applique le même programme à tout le monde, quel que soit votre sport ou votre difficulté ;
- tient à travailler avec un jeune sportif en tenant ses parents à l’écart.
Le cas des jeunes sportifs
Avec un enfant ou un adolescent, deux points comptent encore davantage. D’abord, son accord : un jeune qu’on emmène en préparation mentale contre son gré n’en tirera pas grand-chose. Ensuite, la place des parents : ils doivent savoir comment se déroule l’accompagnement et ce qu’on attend d’eux, sans pour autant assister à tout ce que leur enfant confie. Et la préparation mentale ne doit jamais devenir une pression de plus sur ses épaules.
Mes réponses à ces 8 questions
Parce qu’il serait incohérent de vous recommander ces questions sans y répondre moi-même, voici mes réponses, en toute transparence.
- Formation : formé à l’hypnose chez OMNI en 2019, je pratique l’hypnose ericksonienne et elmanienne. J’accompagne des sportifs depuis 2013, d’abord comme préparateur physique.
- Le sport : je suis arbitre assistant en Promotion League, et je prépare physiquement des arbitres jusqu’au statut FIFA. J’accompagne des sportifs de nombreuses disciplines, avec des pages dédiées au ski, à l’équitation, au football et au poker.
- La méthode : l’hypnose, pour agir sur la partie automatique, celle qui déclenche la crispation ou la pensée parasite avant même que vous y pensiez.
- Le déroulement : un premier échange offert, un questionnaire sur votre sport et vos blocages, une séance de 60 minutes en visio, puis un audio de renforcement reçu sous deux jours.
- Les progrès : nous fixons ensemble, dès le départ, les situations précises qui doivent changer.
- Le prix : 150 CHF la séance, tout compris, ou 400 CHF l’accompagnement de trois séances sur six mois, avec un contact WhatsApp entre les séances. Je ne vous vendrai pas trois séances si une seule suffit.
- Votre entraîneur : mon travail complète le sien. Ce que vous me confiez reste entre nous.
- Mes limites : si votre difficulté relève d’un psychologue ou d’un médecin, je vous le dis, et je vous oriente.
« J’ai suivi 3 séances d’hypnose avec Jonathan. Cela m’a vraiment aidé en escalade : j’ai désormais plus de confiance, de calme et de concentration quand je grimpe. »
Andrew, avis Google, escalade
Et si vous voulez d’abord comprendre ce que l’hypnose apporte réellement à un sportif, lisez hypnose et sport : comment ça marche, et ce que dit la science.
Questions fréquentes
La préparation mentale en ligne est-elle aussi efficace qu’en présentiel ?
Une séance d’hypnose repose sur la parole, l’écoute et l’imagination : la visio n’enlève rien d’essentiel. Vous la faites depuis chez vous, ou depuis votre hôtel si vous êtes en déplacement pour une compétition, et vous gardez ensuite votre audio pour travailler seul. Les modalités sont détaillées sur la page préparation mentale du sportif.
À quel moment de la saison faut-il commencer la préparation mentale ?
Idéalement avant la saison ou quelques semaines avant une échéance importante, pour laisser le travail s’installer. Mais il n’y a pas de mauvais moment : après une blessure, une contre-performance ou une période de doute, une séance peut aussi faire la différence.
La préparation mentale est-elle remboursée par l’assurance en Suisse ?
En règle générale, non. L’assurance de base LAMal ne la couvre pas, et les assurances complémentaires remboursent en général les thérapeutes enregistrés auprès d’un label comme l’ASCA ou le RME, ce qui n’est pas mon cas. Les conditions varient d’une caisse à l’autre : si vous avez une complémentaire, la question vaut la peine d’être posée.
À partir de quel âge peut-on faire de la préparation mentale ?
Il n’y a pas d’âge minimum : ce qui compte, c’est que le jeune soit d’accord et qu’il ait une difficulté concrète à travailler. Pour un mineur, l’accord et la présence d’un parent au premier échange sont nécessaires. Les parents trouveront aussi des repères dans l’article parents de jeunes sportifs : comment soutenir sans mettre la pression.
Préparateur mental ou préparateur physique : quelle différence ?
Le préparateur physique développe vos qualités athlétiques : force, vitesse, endurance, récupération et planification des entraînements. Le préparateur mental travaille sur ce qui se joue dans la tête : le stress, la confiance, la concentration, les blocages. Les deux métiers se complètent, et certains sportifs, comme les arbitres, ont besoin des deux.
Sources
- Swiss Association of Sport Psychology (SASP). Titres professionnels en psychologie du sport et préparation mentale. Lien
- Swiss Association of Sport Psychology (SASP). Formation en psychologie du sport et préparation mentale. Lien
- Université de Lausanne, Formation continue. CAS en Préparation mentale. Lien


