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Enfant qui n’arrive pas à se concentrer : comment l’aider, à l’école comme à la maison

« Il est dans la lune », « il se laisse distraire par le moindre bruit », « il pourrait mieux faire s’il se concentrait ». Ces remarques reviennent souvent dans les carnets et les entretiens avec l’enseignant. Avant de s’inquiéter, il faut comprendre ce qui disperse son attention. Et cela vient souvent de son environnement, bien plus que de sa volonté.

Par Jonathan Rouiller, hypnothérapeute pour enfants · Mis à jour le 1er octobre 2026 · 9 min de lecture

L’attention, une ressource qui s’épuise

La concentration n’est pas un interrupteur que l’on allume par simple volonté. C’est une ressource qui se fatigue, et qui dépend de nombreux facteurs : le sommeil de la nuit précédente, la faim, l’intérêt pour la tâche, l’état émotionnel du moment, et l’environnement dans lequel l’enfant travaille.

Un enfant inquiet, contrarié par un conflit à la récréation ou fatigué par une mauvaise nuit aura beaucoup plus de mal à fixer son attention. Avant de parler de manque de concentration, il vaut donc la peine de regarder ce qui pèse sur lui.

Le bruit, un ennemi sous-estimé

Les enfants sont particulièrement vulnérables au bruit, parce que leurs fonctions cognitives sont moins automatisées que celles des adultes, et donc plus faciles à perturber. Une revue de la recherche sur ce sujet montre que le bruit et la réverbération dans les salles de classe sont associés à de moins bonnes performances dans les tâches verbales.

Une revue systématique plus récente, portant sur 26 études chez des enfants de l’école primaire, confirme que l’exposition au bruit peut perturber la concentration, l’apprentissage et les fonctions exécutives. Et ce sont les plus jeunes enfants, ainsi que ceux qui ont des difficultés d’apprentissage ou d’attention, qui en souffrent le plus.

Un enfant qui « décroche » dans une classe bruyante n’est pas forcément moins motivé que les autres. Il dépense peut-être simplement beaucoup plus d’énergie à filtrer ce qui l’entoure.

Six leviers à la maison

  1. Un coin calme pour les devoirs

    Loin de la télévision et des passages, avec une table dégagée. Moins il y a de stimulations autour de lui, moins son attention s’éparpille.

  2. Des séquences courtes

    Plutôt qu’une longue heure de devoirs, découpez le travail en petits blocs, avec une courte pause entre chacun. Un minuteur visible l’aide à savoir combien de temps il doit encore tenir.

  3. Bouger avant de s’asseoir

    Après une journée assis en classe, quelques minutes de mouvement avant les devoirs, une course au parc, un tour de vélo, l’aident souvent à se poser ensuite.

  4. Une consigne à la fois

    « Range ton cartable, prends ton cahier et commence la page 12 » fait trois consignes d’un coup. Donnez-les une par une, et vérifiez qu’il a compris avant de passer à la suivante.

  5. Protéger son sommeil

    L’attention dépend beaucoup de la qualité de la nuit. Des horaires réguliers et des écrans éteints bien avant le coucher sont une base, détaillée dans l’article sur la crise du soir.

  6. Faire vérifier la vue et l’audition

    Un enfant qui voit mal le tableau ou entend mal la consigne peut sembler distrait. Un contrôle chez le pédiatre permet d’écarter ces causes simples.

Ce qui aide en classe

Parlez-en avec l’enseignant, sans le mettre en cause. De petits ajustements peuvent faire une vraie différence : une place près du tableau et loin de la porte ou de la fenêtre, une consigne répétée individuellement, une petite responsabilité qui lui permet de bouger, ou un signal discret convenu pour le ramener à sa tâche.

Distrait ou trouble de l’attention ?

Tous les enfants sont parfois distraits. Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ou TDAH, est autre chose : un trouble du neurodéveloppement, dont les signes apparaissent avant 12 ans et persistent plus de six mois, et qui se manifestent dans plusieurs milieux de vie, à l’école comme à la maison. Il concerne environ 3,5 à 5,6 % des enfants de 6 à 12 ans.

Parlez-en à votre pédiatre si :

  • les difficultés d’attention durent depuis plus de six mois ;
  • elles se manifestent partout, et pas seulement dans une situation ;
  • elles s’accompagnent d’une agitation ou d’une impulsivité importantes ;
  • elles pèsent sur ses apprentissages, ses relations ou son estime de lui.

Seul un professionnel de santé peut poser ce diagnostic. Et si un TDAH est diagnostiqué, d’autres approches peuvent accompagner l’enfant en complément du suivi médical, jamais à sa place.

Apprendre à se créer une bulle

On peut aménager l’environnement de l’enfant, mais on ne pourra jamais rendre une classe parfaitement silencieuse. L’étape suivante consiste donc à lui donner un outil intérieur : une façon de se recentrer quand le bruit monte, et de retrouver le calme nécessaire pour se concentrer.

C’est ce que l’hypnose pour enfants peut lui apporter. À partir de son univers, je construis une histoire dans laquelle il apprend à se créer une bulle protectrice, associée à une image ou un geste simple qu’il peut retrouver en classe, sans que personne ne le remarque. Son audio personnalisé, réécouté le soir, ancre peu à peu ce réflexe.

« Notre fille avait du mal à se concentrer en classe, surtout quand il y avait du bruit autour d’elle. […] Elle est aujourd’hui plus calme, plus posée et elle prend davantage confiance en elle à l’école. Même des personnes extérieures, sans rien savoir de cette séance, ont remarqué une belle évolution chez elle. »

Stéphanie, avis Google, accompagnement de sa fille de 6 ans, concentration en classe

À retenir

  • La concentration est une ressource qui se fatigue, et dépend du sommeil, des émotions et de l’environnement.
  • Les enfants sont plus vulnérables au bruit que les adultes, surtout les plus jeunes.
  • Coin calme, séquences courtes, mouvement et consignes une à une aident beaucoup.
  • Un TDAH se manifeste dans plusieurs milieux et depuis plus de six mois : seul un professionnel peut le diagnostiquer.
  • Apprendre à se recentrer quand le bruit monte est une compétence qui s’entraîne.
Jonathan Rouiller

Jonathan Rouiller

Hypnothérapeute et préparateur mental, fondateur de Synergy Performance. Formé à l’hypnose chez OMNI en 2019, il accompagne enfants, ados et sportifs, à domicile en Valais et en Suisse romande, et en ligne. Il est aussi la voix du podcast Nuits Paisibles.

Sources

  1. Klatte M., Bergström K., Lachmann T. (2013). Does noise affect learning? A short review on noise effects on cognitive performance in children. Frontiers in Psychology, 4, 578. Lien
  2. Gheller F., Spicciarelli G., Scimemi P., Arfé B. The Effects of Noise on Children’s Cognitive Performance: A Systematic Review. Environment and Behavior. Lien
  3. Haute Autorité de Santé (2024). Trouble du neurodéveloppement / TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents. Lien
  4. Assemblée nationale, question écrite sur le TDAH, citant les données de prévalence chez les 6-12 ans. Lien
  5. Manuel MSD, version grand public. Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Lien

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