Réveils nocturnes et cauchemars : comment aider votre enfant à dormir d’une traite
Il dormait bien, puis les réveils ont commencé. Il arrive dans votre chambre à deux heures du matin, pleure après un mauvais rêve, ou crie dans son lit sans vraiment se réveiller. Toutes ces nuits ne se ressemblent pas, et elles ne demandent pas la même réponse. Savoir les distinguer change déjà beaucoup de choses.
Se réveiller la nuit, c’est normal
Tout le monde se réveille brièvement plusieurs fois par nuit, entre deux cycles de sommeil, sans même s’en souvenir le lendemain. Le vrai sujet n’est donc pas le réveil, mais la capacité de l’enfant à se rendormir seul.
Au cours des premières années, il est fréquent que des périodes de réveils nocturnes apparaissent, souvent quand l’enfant est malade ou quand sa routine change. Le plus souvent, elles passent. Elles deviennent un problème quand elles s’installent et épuisent toute la famille.
Cauchemar ou terreur nocturne ?
Ce sont deux phénomènes très différents, qui appellent des réactions opposées.
Le cauchemar
- Il survient plutôt en seconde partie de nuit, pendant le sommeil paradoxal.
- L’enfant se réveille vraiment, et se souvient de son rêve.
- Il vous reconnaît et cherche votre réconfort.
- Votre réaction : le rassurer, calmement et brièvement.
La terreur nocturne
- Elle survient en début de nuit, dans les premières heures après l’endormissement, pendant le sommeil profond.
- L’enfant crie, se débat, semble terrifié, mais il dort encore.
- Il ne répond pas et ne s’en souvient pas le lendemain.
- Votre réaction : veiller à sa sécurité, sans le réveiller, ce qui l’effraierait davantage.
Aussi impressionnantes soient-elles, les terreurs nocturnes ne sont généralement pas graves, et les enfants qui en font n’en gardent pas de séquelles psychologiques.
Les réveils qui s’installent
Les réveils répétés sont souvent liés à la façon dont l’enfant s’endort le soir. S’il s’endort en vous tenant la main, dans votre lit ou devant un écran, il cherchera les mêmes conditions à chaque micro-réveil de la nuit. Et si elles ont disparu, il vous appelle.
Les difficultés du coucher et les réveils nocturnes font partie des sujets les mieux étudiés du sommeil de l’enfant : une revue de l’Académie américaine de médecine du sommeil a montré que la grande majorité des études rapportaient une amélioration grâce à des approches comportementales, sans médicament.
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L’aider à s’endormir seul le soir
C’est la clé : un enfant qui sait s’endormir seul au coucher saura se rendormir seul la nuit. Les étapes pour y parvenir sont détaillées dans l’article mon enfant refuse de dormir seul.
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Des retours courts et ennuyeux
La nuit, répondez avec le minimum : peu de mots, peu de lumière, un ton calme, et retour au lit. La nuit doit rester moins intéressante que le jour.
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Toujours la même réponse
Si certaines nuits il termine dans votre lit et d’autres non, il continuera d’essayer. La régularité fait l’essentiel du travail.
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Vider le sac avant le coucher
Les soucis de la journée remontent souvent la nuit. Un moment d’échange en fin d’après-midi ou au début de soirée lui permet de les déposer avant de s’endormir.
Apprivoiser les cauchemars
Les cauchemars apparaissent généralement entre 3 et 6 ans, et sont les plus fréquents entre 6 et 10 ans, selon l’Académie américaine de médecine du sommeil. Les cauchemars occasionnels ne sont pas inquiétants. Quand ils reviennent souvent, une approche a fait ses preuves : la répétition d’images mentales, qui consiste à réécrire le cauchemar en lui donnant une nouvelle fin, puis à répéter cette nouvelle version.
Longtemps étudiée chez l’adulte, elle a aussi été testée chez l’enfant. Dans une étude canadienne menée auprès d’enfants de 9 à 11 ans qui faisaient au moins un cauchemar par semaine depuis six mois, elle a réduit la fréquence des cauchemars, avec un effet qui s’est maintenu pendant les neuf mois de suivi.
À essayer à la maison, de jour
Proposez à votre enfant de dessiner son cauchemar, puis de le transformer : le monstre devient minuscule, porte un chapeau ridicule, ou un héros arrive à la rescousse. Racontez ensemble la nouvelle histoire, et relisez-la avant de dormir pendant quelques soirs. Faites-le toujours en journée, jamais en pleine nuit.
Retrouver la sécurité intérieure
Derrière beaucoup de réveils répétés, il y a un enfant qui ne se sent pas assez en sécurité pour lâcher prise seul, au cœur de la nuit. Lui expliquer qu’il ne risque rien ne suffit pas : il doit le ressentir.
L’hypnose pour enfants travaille précisément sur ce sentiment. À partir de son univers, je construis une histoire qui lui donne un refuge intérieur, qu’il peut retrouver à chaque réveil, et qui peut aussi transformer l’issue d’un mauvais rêve. L’histoire est enregistrée, et il la réécoute le soir, pour que cette sécurité l’accompagne jusque dans la nuit.
« Mon fils se réveillait la nuit depuis 9 ans car il ne trouvait pas la sécurité nécessaire en lui pour s’endormir sereinement. Grâce à ta séance d’hypnose, tout a changé. Aujourd’hui, il ne se réveille plus du tout. […] Mon fils est extrêmement fier de lui et tellement heureux au quotidien. »
Mélanie P., avis Google, accompagnement de son fils, réveils nocturnes
Quand demander de l’aide
Parlez-en à votre pédiatre si :
- votre enfant ronfle fort, semble faire des pauses respiratoires ou dort la bouche ouverte ;
- il est épuisé ou somnolent dans la journée malgré des horaires de sommeil adaptés ;
- les terreurs nocturnes sont très fréquentes, ou s’accompagnent de somnambulisme qui le met en danger ;
- les cauchemars reviennent plusieurs fois par semaine depuis des mois, ou ont commencé après un événement difficile.
À retenir
- Se réveiller entre deux cycles est normal ; le vrai enjeu est de savoir se rendormir seul.
- Cauchemar : l’enfant se réveille et se souvient, on le rassure. Terreur nocturne : il dort encore, on ne le réveille pas.
- Un enfant qui s’endort seul le soir se rendort plus facilement seul la nuit.
- Réécrire un cauchemar et répéter la nouvelle version a montré son efficacité chez l’enfant.
- Ronflements, pauses respiratoires ou somnolence le jour justifient un avis médical.
Sources
- Manuel MSD, version grand public. Troubles de sommeil chez les enfants. Lien
- Manuel MSD, version grand public. Parasomnies. Lien
- Fondation Sommeil. Terreurs nocturnes. Lien
- Mindell J.A. et al. (2006). Behavioral treatment of bedtime problems and night wakings in infants and young children. Sleep. Lien
- American Academy of Sleep Medicine. Treating nightmares in children with imagery rehearsal therapy. Lien


